Paroles d’enseignants

"Confiance, découverte, reconnaissance, relation, compétences" ... sont les mots qui reviennent régulièrement lorsque les enseignants parlent des classes de découvertes.

Mme Jacquinet, professeur des écoles, classe de CM1/CM2
Plougasnou, Finistère, région Bretagne

Etes-vous déjà partie en classe de découvertes ?

Je suis partie deux fois en classe de mer au mois d’avril et deux fois en classe de neige au mois de janvier. Je préfère partir tôt dans l’année pour créer une cohésion de groupe. On a partagé une semaine ensemble, du quotidien, on se fait confiance, une complicité se crée rapidement entre l’enseignant et les enfants, c’est bien pour le travail en classe par la suite.

Quels conseils, d’organisation ou autre, donneriez-vous à un(e) enseignant(e) qui n’est jamais partie ?

  • Partir avec un collègue est très rassurant la première fois.
  • Ne pas emmener de parents d’élève en tant qu’accompagnateurs. Mais on fait comme on peut !
  • Prendre des animateurs « vie quotidienne » soulage le séjour surtout le soir. Cela représente un coût supplémentaire mais une véritable aide.

Que diriez vous à un(e) enseignant(e) pour le (la) motiver à partir en séjour scolaire ?

On en revient fatigué mais ravi et toujours prêt à repartir. Le regard que l’on portait sur certains enfants change. L’enfant en difficulté en classe peut se retrouver très moteur, avoir beaucoup de connaissances au cours de la semaine.

Que vous ont apporté (à vous, vos élèves, aux parents…) ces expériences ?

Les parents trouvent que leurs enfants reviennent plus autonomes, grandis. Certains élèves découvrent pour la première fois la montagne, la neige (j’ai environ la moitié des élèves qui ne connaissent pas cet environnement). C’est magique de leur faire découvrir ça !!! Pour certains, c’est aussi la première fois qu’ils vont partir sans leurs parents ou dormir ailleurs que chez eux ou que chez leurs grands-parents. Ce sont des étapes. Ils reviennent fiers.

Y a-t-il un élément que vous avez particulièrement apprécié lors d’un de vos séjours ?

J’aime tout. Je change de centre régulièrement car j’aime découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes, de nouvelles activités. J’ai besoin de changements pour ne pas me lasser et avoir envie de repartir.

Avez-vous rencontré des difficultés avant, pendant, après le séjour ? Organisation, relation avec les parents, dossier administratif… ?

Le plus difficile, ce sont les parents, surtout quand on part avec des petits.

La première fois que je suis partie, j’avais une classe de MS/GS. Nous sommes partie 5 jours en classe de mer à 300 km de chez nous (j’habitais alors en Mayenne). Il faut rassurer les parents. Le directeur de la structure s’était déplacé pour discuter avec les parents d’élèves lors d’une réunion de préparation. Tous les enfants sont partis et le séjour s’est très bien passé.

Avez-vous des « bons plans » à partager pour boucler le budget ?

Les emballages cadeaux dans une grande surface au moment de Noël ! Notre APE a un stand depuis deux ans. Je donne un coup de main et on gagne beaucoup d’argent.

Vous partez cet hiver ; qu’est-ce qui vous a motivé à organiser ce séjour ?

Je pars environ tous les deux trois ans, pour que chaque enfant de l’école soit parti une fois pendant sa scolarité. Le dernier séjour datera de 3 ans en janvier prochain.

Qu’est-ce qui vous a plu dans la proposition que vous avez retenue ?

Je recherchais un centre qui propose du ski de fond et du biathlon. Une école de mon secteur était déjà partie dans ce centre et était satisfaite. Le coût du séjour est un argument non négligeable. Le centre d’Autrans remplissait tous ces critères.

 

MICKAEL, directeur d’une école primaire à Lyon, 13 ans d’expérience dans l’éducation nationale

"La classe de découvertes est une expérience humaine avant tout. Au niveau des parents, ils nous ont accordé une réelle confiance. Nous avons également ressenti une vraie reconnaissance à notre retour. Au niveau des élèves, le projet a soudé la classe bien évidemment. Il a créé des souvenirs communs. Au niveau de l’école, une réelle dynamique a vu le jour : c’est un cercle vertueux pour mieux travailler en équipe."

BÉATRICE, enseignante en école maternelle de Réallon, 19 ans d’expérience dans l’éducation nationale

"Partir en classe de découvertes change profondément et positivement les relations élèves/professeur.  L’ambiance est plus sereine après une classe de découvertes. J’ai constaté moins de disputes entre enfants. Durant le séjour, les élèves apprennent à vivre avec les autres. C’est un cadre différent du cocon familial qui les fait grandir : quitter ses parents, dormir, manger et vivre avec d’autres élèves…C’est très fédérateur !"

MANON, enseignante en école maternelle à Saint-Martin-d’Hères, 12 ans d’expérience dans l’éducation nationale

"En classe, on est souvent dans la théorie. L’expérience vécue lors d’une classe de découvertes est irremplaçable. Les enfants vivent les choses grandeur nature. C’est une autre manière de travailler les compétences du socle commun avec des moyens matériels que l’on ne peut pas toujours avoir en classe."

CHLOÉ, enseignante en école primaire à Grenoble, 2 ans d’expérience dans l’éducation nationale

"Je ne suis jamais partie en classe transplantée. Je pense que ce serait une réelle découverte pour mes élèves.
Elargir les horizons des enfants qui ne voient que leur quartier et les faire vivre au quotidien avec d’autres personnes que leur famille seraient déjà un bel objectif."

LAURENCE, enseignante en école primaire à Annecy, 17 ans d’expérience dans l’éducation nationale

"Je suis partie en classe de découvertes avec deux CM1/CM2 composés d’élèves plutôt difficiles. Les élèves ne sont pas les mêmes hors du contexte de classe classique. Les plus « durs » sont souvent ceux qui ont le plus de mal à être loin de chez eux. Partir a grandement facilité les relations avec eux."

ANNE ET AGNES, enseignantes à école primaire à MEYZIEU (Rhône)

Le départ en classes de découvertes est un élément fondateur du projet d’école de Meyzieu. La plupart des classes de l'école partent une fois dans l'année". « Cela créée une dynamique entre les classes et entre les enseignants » ajoute Agnès.
Pourquoi partir en automne ? Bien sûr, les classes de découvertes en début d’année favorisent la cohésion de la classe et permettent à l’enseignant de mieux connaitre ses élèves.  « Avec l’expérience, je privilégie le départ en classes de découvertes à l’automne. C’est une période qui répond bien aux objectifs que nous nous sommes fixés avec ma collègue. En effet, nous recherchons un séjour où le « vivre ensemble » est central ». Ces enseignantes ont trouvé un séjour autour du yoga où les notions d’entraide, de respect de soi et des autres, sont pratiquées quotidiennement. Elles peuvent désormais réinvestir tout au long de l’année les techniques acquises lors du séjour en plus des enseignements transversaux inhérent à un séjour en montagne (faune, flore, paysage …)
Le temps de la classe de découverte est réellement un temps privilégié où tous les enfants prennent part aux activités avec plaisir et entrain. Agnès d’ajouter «Certaines activités, comme l’escalade, développe également la confiance en soi et envers les autres, l’envie de se dépasser, de dépasser sa peur ou sa fatigue » ; des attitudes qu’il est agréable de voir chez des enfants.

DENIS, enseignant en CE/CE2 et CM1/CM2 à ROUESSE VASSE (Sarthe)

Chaque année, les deux classes de l’école partent en classes de découvertes. C’est une action qui s’inscrit dans le projet d’école et dont le contenu est réalisé en fonction des programmes scolaires. Ce printemps Nicolas Grippon a emmené son groupe au Flumet à Vaujany pour une découverte de la montagne et de l’escalade au printemps, une première pour l’école.

ND : Dans nos classes découvertes, on inclut toujours une activité sportive, et la montagne au printemps est un thème que nous n’avions jamais fait en tant qu’enseignant. 

Comment avez-vous préparé vos élèves à ce voyage ?
ND : A part les CE1 pour qui il s’agissait d’un premier départ, les élèves ont l’habitude de partir tous les ans et connaissent le fonctionnement de la vie en collectivité. Nous leur présentons progressivement l’emploi du temps du séjour plusieurs semaines avant le départ et pourquoi nous allons faire tel type d’activité. 

Quelles activités ont facilité un apprentissage délicat ?
ND : Etant dans un cadre de montagne, différent de notre cadre de vie en Sarthe, la lecture de paysage est forcément une activité incontournable, la découverte de la faune et de la flore également. Nous avons également étudié, grandeur réelle, la production d’énergie hydroélectrique grâce au barrage de Grand maison et au musée.

Comment « réutilisez-vous » le voyage scolaire au cours de l’année ?
Nous exploitons cette expérience lors de leçons en sciences et en géographie bien sûr. C’est beaucoup plus parlant pour les enfants car ils ont vu concrètement de ce dont on parle en classe. Les élèves réalisent également un journal de classe avec des photos et textes

Qu’en retirez-vous d’un point de vue pédagogique et humain ?
J’ai beaucoup plus de facilités à enseigner certaines matières par l’expérimentation et la découverte sur le terrain. Côté humain, sans hésitation : une meilleure connaissance des élèves et l’établissement de relations privilégiées.

Qu’est-ce qui vous faciliterez la vie pour partir ?
Un dossier administratif plus simple ! Mais je conseille vraiment d’aller au-delà de cet écueil administratif que l’on oublie rapidement en voyant les yeux pétillants des élèves au cours du séjour.

Qu’est-ce que les enfants ont retiré de cette expérience ?
Pour certains, une meilleure connaissance de soi. Le fait de pouvoir se séparer des parents fait également grandir ces enfants. De manière générale, je note une plus grande ouverture sur le monde.